Dossier technopédagogique multimédia - Partie II

3, 2, 1 ... Action! On tourne!
La capture vidéo d’écran « screencasting »
Concept, outils, et conseils

Khalid Gueddari
Novembre 2008 - Décembre 2008

 

Sommaire du dossier

 

 

 

(Une partie de ce dossier est inspirée largement de quelques articles consultés sur le site Emob http://www.emob.fr/dotclear/). Nos remerciements à M. Nicolas CHAUNU, Directeur Emob, de nous avoir permis d’utiliser leur texte dans notre document)

 

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Khalid Gueddari
gueddari @ gmail.com

 

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Qu'est-ce que la vidéocapture d'écran  « Screencasting » ?

 

 

*      Définition de la vidéocapture d'écran

 

Le mot « screencasting » est un mot anglophone fréquemment utilisé (même par des francophones !).  Toutefois, d’après l’office québécois de la langue française : Le terme « screencasting », emprunt intégral inutile à l'anglais, est mal adapté et donc à éviter et doit être remplacé par la vidéocapture d'écran (ou la capture vidéo d'écran ou la capture d'écran vidéo).


La vidéocapture d'écran est une « technique de capture et d'enregistrement vidéo de l'activité à l'écran d'un ordinateur, avec (ou non) audio synchronisé, utilisée pour créer des démos de logiciels, des didacticiels ou des présentations ». Autrement dit
, c’est l'enregistrement en vidéo des manipulations que fait une personne sur l'écran de son ordinateur, accompagné, ou pas, de ses commentaires audio.

Il en résulte une vidéocapture d’écran ou capture vidéo d'écran  ou vidéo d'écran  (équivalent en anglais du mot « screencast »).

 

 

Note : Alors qu'une capture d'écran (« screenshot ») peut être considérée comme une photo de ce que l'utilisateur voit à l'écran, une vidéocapture d'écran (« screencast ») peut être assimilée à un film (enregistrement vidéo) de ce qui s'affiche à l'écran de son ordinateur.

 

 

*      Quelques avantages de la vidéocapture d'écran

La vidéocapture d'écran est de plus en plus répandu, et ce n'est pas un hasard. La technique présente de nombreux avantages, notamment :

·         un faible coût de production : un ordinateur, un micro, un logiciel de capture. La vidéocapture d'écran rivalise en coût avec tout autre contenu audiovisuel.

·         une image vaut mille mot : ...imaginez combien vaut une vidéo ? Finis les longs discours ou les pages que l'on tourne : la vidéo est bien plus accessible que le texte, et permet de ne rater aucune des étapes.

·         fexibilité : par essence, une vidéo est un média souple d'utilisation. En effet, on peut revenir en arrière ou accélérer son visionnement autant qu'on le souhaite, on peut la consulter partout et à n'importe quel moment à partir du moment où l'on dispose d'un ordinateur.

·         humanisation : une vidéocapture d'écran n'est pas un matériel froid et impersonnel : par la voix, l'intonation, le rythme, le choix des mots, l'auteur peut laisser plus facilement transparaître sa personnalité. C'est un support d'information plutôt chaleureux.

 

*      Quelques applications de la vidéocapture d'écran

Parmi les applications que l’on peut faire, les usages ne manquent pas comme par exemple :

·         Tutoriels vidéos : ces tutoriels peuvent avoir des applications technopédagogiques fort intéressantes en enseignant l'utilisation d'un logiciel ou d'un service en ligne à travers la capture vidéo de l'écran. Cette possibilité peut être très utilisée (et très utilisée d’ailleurs) en e-learning, formation à distance, formation hybride (ex. Eduperformance, Lynda.com…).

·         Trucs et astuces vidéo : un format plus court et moins formel que des "formations" en vidéo.

·         Démonstrations de logiciels : quoi de mieux qu'une capture vidéo pour présenter et faire une démonstration d'une application ?

·         Enregistrement de séminaires et conférences : cette utilisation est en vogue depuis longtemps dans les séminaires. Il suffit d'enregistrer la présentation powerpoint diffusée par vidéoprojecteur, ou l'écriture des intervenants sur un tableau blanc Interactif, tout en enregistrant leurs commentaires, et vous obtenez un compte rendu vidéo fidèle, facilement diffusable en ligne, ou à distribuer aux participants sous forme de DVD.

·        

 

Les outils et moyens

Nous avons testé un ensemble d’outils gratuits. Pour démarrer, s’entrainer et essayer et mettre en ligne rapidement des vidéocapture d’écran, un petit outil gratuit suffit dans beaucoup de cas. Nous présentons ci-dessous, une liste de ces outils :

*      vTute Recorder : application portable

vTute Recorder est un logiciel de capture vidéo d’écran. C’est gratuiciel léger (53,0 Ko) qui permet de créer facilement son propre tutoriel vidéo au format flash (.flv). Il suffit de télécharger l’outil et de le lancer lorsqu’on veut créer des captures vidéo d’écran. C’est un outil portable (en format .exe) qui ne nécessite pas d’installation et que l’on peut télécharger à cette adresse : http://www.vtute.com/create/.

 

Une fois enregistré sur un support quelconque (ordinateur, cédérom, clé USB…), il suffit de , double cliquer sur l’outil  pour le lancer.

Il s’agit d’un outil intuitif et très facile à utiliser et qui peut être paramétré :

La touche F2 du clavier permet de lancer l’enregistrement alors que la touche F3 arrête l’enregistrement. Le fichier de capture vidéo d’écran qui en résulte est un fichier en format flv que l’on peut partager avec d'autres utilisateurs en ligne (sur le site de vTute Recorder par exemple ou autre plateforme) ou sur son propre site.

 

 

*      Screencast-o-Matic : application en ligne

medium_screencast.gif

Si on veut se faire une idée et se pratiquer sans rien à installer, on peut aller sur l’application en ligne Screencast-o-Matic (http://www.screencast-o-matic.com/). Cette application permet de dépanner et enregistrer en ligne une capturevidéo d’écran de quelques minutes (15 maximum) et l'exporter sous format quicktime (.mov).  L'export en un seul format ne rend bien sûr ce service en rien concurrentiel par rapport aux autres produits mais voilà un bon moyen de s'entrainer. Comme c’est une application faite en java, n’oubliez pas que pour utiliser cette application, la machine virtuelle Java (JVM) doit être installée sur votre ordinateur. Il faut aussi s’armer avec un peu de patience car on est en ligne.

*      Jing : application avec installation

image-2 Créez vos screencast avec Jing et obtenez 2 gigas d’espace sur Sceencast.com



Jing est un outil de création de capture vidéo d’écran gratuit offert par Techsmith. C’est un gratuiciel (4.9 Mo) qui peut être téléchargé sur : http://www.jingproject.com/ et qui nécessite une installation. En plus, on peut disposer d’un espace pour héberger nos captures vidéos d’écran sur screencast.com. Jing est un outil intéressant dont l’utilisation est très facile. Toutefois, nos enregistrements ne peuvent dépasser 5 minutes et sont uniquement en format flash (.swf).

On peut déplorer le fait qu’il faut créer un compte sur screencast.com et être connecté pour utiliser l’outil. Toutefois, certaines fonctionnalités offertes par Jing peuvent être utiles. En effet, en plus  de faire des captures vidéod d’écran, rien ne nous empêche de faire des simples captures d’image et ajouter des annotations (texte, zones encadrées…).



 

*      Webinaria : logiciel libre avec installation

 

 

Webinaria (http://www.webinaria.com/) est un logiciel libre simple d'emploi et intéressant car, en plus d’enregistrer des captures vidéos d’écran avec narration en format .avi ou .flv, il permet d’intégrer du texte mais aussi une image via notre webcam.

L’ayant testé sur deux ordinateurs, nous avons observé sur un des ordinateurs quelques problèmes notamment le manque d’un fichier libraire (dll) et parfois un enregistrement saccadé. Sinon, comme c’est un logiciel libre, il mérite d’être essayé.

 

*      Autres outils

Il existe d’autres outils, payants ou gratuits mais dans beaucoup de cas un petit outil gratuit peut suffire.

 

Quelques conseils et éléments du scénario pour vos enregistrements

Enregistrer un tutorial vidéo est loin d'être un exercice facile. C'est en quelque sorte un mix entre les compétences d'un présentateur radio, capable d'improviser et de captiver son public tout en suivant son sujet, et celles d'un professeur, sauf que vous n'êtes pas face à vos élèves, qu'ils ne vous poseront pas de questions pendant le cours, et que vous devrez donc anticiper leurs besoins. La préparation du tutoriel et sa mise en forme est donc très importante. Ce que va voir et entendre votre futur public, va influer sur sa manière de comprendre et d'apprécier, et sa motivation d'aller jusqu'au bout de l'apprentissage. Voici donc quelques conseils :

*      La préparation

·         Préparez un plan de votre tutorial : un minimum de structure est nécessaire. Partir à l'abordage c'est prendre le risque de dévier de l'objectif original de votre tutoriel, et donner l'impression au "tutospectateur" que vous maîtrisez mal votre sujet ou que vous êtes mal organisé.

·         Découpage en séquences courtes : privilégiez un découpage de votre formation en séquences de pas plus de 15 minutes. Cela sera plus facile à suivre pour votre auditoire, et plus facile à enregistrer pour vous, sans se tromper et sans baisser de rythme.

·         Préparez et répétez les principales manipulations : on a beau connaître un logiciel ou une opération par exemple, sur le bout des doigts, il y a toujours une étape que l'on oublie. Rien n'est plus désagréable de voir un auteur de tutoriel être surpris par le résultat non prévu d'une manipulation, et essayer de rattraper le coup.

·         Anticipez les transitions : pour des taches répétitives ou à faible valeur ajoutée, comme un long chargement, un temps de rendu ou un remplissage, il faudra peut-être accélérer ou couper au montage. Anticipez ces séquences, en expliquant à votre public ces transitions.

·         Choisissez bien vos exemples : sont-ils pertinents vis à vis du sujet ? Il est intéressant qu'ils soient visuels et attractifs (un tutoriel esthétique est toujours plus plaisant à suivre).

·         Rendez votre écran le plus neutre possible : enlevez le fond d'écran avec les photos de famille, rangez dans un sous dossier les fichiers qui s'accumulent sur le bureau, masquez les icônes parasites de la barre des taches, ainsi que l'icone clignotant du logiciel de capture…

·         Isolez-vous des bruits environnants

·         N'hésitez pas à faire plusieurs tests avant de commencer : plus un tutoriel aura été répété, meilleure sera sa qualité, un peu comme pour un spectacle.

·         Choix de la zone de capture : étudiez la zone que vous allez capturer : l'écran, la fenêtre, une zone fixe.

 

*      La méthode

·         Bonjour, bienvenue, au revoir : les séquences d'introduction ou de conclusion sont souvent négligées et banalisées. Pourtant elles sont primordiales car les premières secondes vont permettre au public de se faire une idée sur la qualité du tutoriel. A préparer soigneusement donc...

·         En début de tutoriel, présentez les notions que vous allez aborder. En fin de tutoriel, récapitulez les savoirs acquis. Cela valorise votre apport et votre contenu.

·         Effectuez vos manipulations à l'écran de façon posée et claire. Les experts d'un logiciel ou d’une opération ont tendance à aller très vite. N'oubliez pas que quelqu'un essaie de suivre vos manipulations.

·         De façon générale, mettez vous à la place de votre spectateur en permanence. Va-t-il comprendre les mots techniques que vous utilisez ? A-t-il bien vu vos manipulations ?

·         N'hésitez pas à utiliser des raccourcis claviers. Ils feront gagner du temps à ceux qui apprennent les logiciels. A l'inverse, lorsque vous en utilisez, mentionnez les de façon distincte et précise, sinon les gens qui vous regardent n'ont aucun moyen de comprendre comment vous avez fait.

·         N'hésitez pas à partager votre vécu et votre expérience : connaître l'histoire et le contexte, par exemple professionnel ou étudiant, du projet que vous enseignez, ainsi que les petits trucs et astuces personnels de l'auteur, sont une véritable valeur ajoutée.

·         Ne masquez pas nécessairement toutes vos erreurs de manipulations : certaines peuvent être bonnes pour montrer justement ce qu'il ne faut pas faire. A l'inverse, évitez un tutorial plein d'erreurs de manipulation, qui donneront l'impression que vous ne savez pas vraiment où vous allez.

·         Ayez un discours pédagogique : pensez à expliquer le pourquoi et le comment de chacune de vos manipulations.

·         Évitez la tremblote de souris : le curseur doit effectuer des trajets linéaires et précis. Attentions aux tics nerveux : beaucoup d'auteurs ont tendance à bouger leur souris dans tous les sens pendant qu'ils parlent.

·         Évitez les gadgets : zoom, surligneurs, sous titrages. N'en n'abusez pas, cela peut vite donner un aspect surchargé, amateur, et n'apportera peut-être pas grand chose à votre démonstration.

 

*      La voix

·         Évitez d'apprendre votre discours par cœur ou de le lire. Cela accentue la monotonie et l'aspect "robotisé" des commentaires. Privilégiez plutôt la spontanéité. Un pointe d'humour (sans en faire trop !) peut même détendre l'atmosphère.

·         Faites un essai pour vérifier que le niveau sonore est correct : ni trop fort et saturé, ni trop bas.

·         Attention aux tics vocaux : les "en fait", "donc" "heu..." à répétition peuvent s'avérer rapidement lassants pour votre auditoire.

·         Attention aux bruits de bouche

·         Du rythme ! rien n'est pire qu'un tutoriel dont le commentaire est mou, monotone, haché. Pensez à votre public : si vous ne le gardez pas captif, il va s'endormir ou passer à autre chose ! Soyez dynamique, variez les intonations, évitez les temps morts et les silences trop longs lorsqu'il ne se passe pas grand chose à l'écran.

 

Intégration Web et diffusion : voir dossier technopédagogique - Partie I